On célèbre souvent les initiatives internes à l’État comme des signes d’agilité ou de transformation. Mais que se passe-t-il lorsqu’un agent public, sans quitter sa mission, décide de porter un projet innovant de bout en bout ? Cet épisode donne la parole à Sabine Marini, fonctionnaire à la DDTM des Bouches-du-Rhône, qui a mené pendant quatre ans un projet d’intrapreneuriat. Une démarche fondée sur le sens du service et l’intelligence du terrain. Cet échange offre un regard sincère sur les marges de manœuvre – et les limites – de l’innovation dans la fonction publique.
Présentation de l'invité : Sabine Marini
« Intrapreneur, c’est donner son temps, son énergie, son cerveau… pour un projet qui ne nous appartient pas. »
Fonctionnaire depuis plusieurs années, Sabine Marini travaille aujourd’hui à la DDTM des Bouches-du-Rhône. Entre 2021 et 2024, elle a été intrapreneure publique sur le projet APiLos : le portail du conventionnement APL. Un engagement parallèle à son poste, mené sans rémunération supplémentaire, et qui interroge les conditions réelles de reconnaissance dans la fonction publique.
Qu’est-ce que l’intrapreneuriat public ?
Comment naît un projet d’innovation au sein de l’État ?
Peut-on concilier engagement individuel et cadre institutionnel ?
Quelles limites rencontre un agent public innovant ?
Pourquoi Sabine a-t-elle décidé d’arrêter son projet ?
Innover, c’est s’engager au-delà de sa fiche de poste
Sabine a porté un projet d’intérêt général tout en conservant son poste à la DDTM. Cette dynamique d’intrapreneuriat ne relevait pas d’un détachement ou d’une mission officielle : elle s’est engagée en plus de ses fonctions habituelles. Une posture volontaire, qui révèle à la fois le potentiel d’initiative des agents publics… et la difficulté à faire exister ces projets dans un cadre pensé pour d’autres logiques.
Deux mondes parallèles qui ne se parlent pas
Le projet APiLos a bénéficié d’un véritable accompagnement : écosystème, incubation, ressources. Mais Sabine est restée en poste à temps plein à la DDTM, sans allègement ni articulation entre les deux sphères. Si sa hiérarchie locale a soutenu son engagement au départ, le changement de management a fragilisé cet équilibre. Le projet avançait, mais le poste restait figé. Deux réalités parallèles, sans dialogue.
La reconnaissance reste en marge
Ce qui ressort du témoignage de Sabine, c’est l’écart entre l’investissement fourni et la reconnaissance perçue. Si le projet a été accueilli et valorisé dans certains cercles, son impact sur son quotidien professionnel est resté marginal. À aucun moment, son engagement n’a été intégré à une reconnaissance statutaire, hiérarchique ou symbolique. Cet écart a fini par peser.
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